Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Promeneur D’oiseau

Dans un entretien, Philippe Muyl a insisté sur le fait que la Chine qu’il dépeint dans Le Promeneur d’oiseau existe tout autant que celle de Jia Zhang-ke. S’il serait évidemment malvenu de lui reprocher de ne pas partager les intentions, éminemment critiques, de l’auteur de A Touch of Sin, on n’en reste pas moins circonspect face à un cinéma qui, pour vanter les vertus du voyage, ne l’envisage ici que sous la forme d’une succession d’images d’Épinal. Le plus frappant est de voir Muyl revenir, suite à l’échec de son précédent film, Magique, à la recette de son succès de 2002, Le Papillon, dont il ne propose ici, à quelques ajustements scénaristiques près, qu’un remake déterritorialisé. Soit une balade en forme de retour aux racines, dans les paysages pittoresques d’une Chine idyllique, nourrie de leçons de choses et dont le consensus semble être le souci premier. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil en somme, citadines sophistiquées comme paysans édentés : réconciliés la campagne et la ville, la Chine ancestrale des rizières et celle, ultra moderne, des grands ensembles, papa et maman, les générations successives réunies dans un bain de bons sentiments. Malgré les métaphores éculées filées de bout en bout (la petite fille qui prétend avoir, tel l’oiseau du titre, “pris son envol”), le film s’avère néanmoins plutôt plaisant, tant s’y révèle un authentique savoir-faire dans l’application de son programme. Le goût des sentiers balisés, de la familiarité qu’ils dégagent, et la satisfaction gratifiante d’avoir toujours un temps d’avance sur le récit – comme un enfant regardant pour la énième fois son DVD favori – n’y sont sans doute pas étrangers. _T.F.