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Procès De Viviane Amsalem

Dernier volet d’un triptyque dont Prendre femme et Les Sept jours sont les remarquables précédents, Le Procès de Viviane Amsalem remet une fois encore l’ouvrage d’un couple – celui que forment Viviane et Elisha / Eliahou – sur le métier de leur déchirement et de leur séparation empêchée, éprouvante et douloureuse. Laquelle prend ici un tribunal religieux pour théâtre de la cruauté, faite aux femmes en particulier, le droit de celles-ci reposant exclusivement sur le bon vouloir des hommes, dont il leur suffit d’être le mari, le père, le cousin, le voisin ou le copain. Viviane veut donc divorcer d’un époux toqué de principes religieux avec lequel elle ne partage rien, si ce n’est une progéniture, un quotidien sans joie et une vie de mésentente, de vexations, dans laquelle tout espoir d’épanouissement personnel semble avoir été à la longue – les deux films antérieurs en sont la démonstration – définitivement tari. Avec ce brillant huis clos, Ronit & Shlomi Elkabetz font preuve une fois de plus d’un merveilleux talent d’écriture – l’amère ironie des dialogues fait mouche – d’une maîtrise de la mise en scène toujours aussi affûtée, d’un sens de la dynamique du cadre qui électrise tout autant le jeu des comédiens, que l’hébreu sonore et rêche grâce auquel l’un et l’autre remâchent leur tristesse, leur rancœur, le désastre qu’est devenu leur couple. Essentiellement tourné en plans fixes par deux grammairiens inspirés de la déchirure conjugale, Le Procès de Viviane Amsalem s’est imposé comme l’un des plus beaux films de la dernière édition de la Quinzaine des Réalisateurs. _R.H.