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Preuve

Dans une société algérienne où être père de famille semble un devoir quasi obligatoire, Ali est obsédé par le fait de ne pouvoir donner un enfant à sa femme, ainsi qu’une descendance à son père. Cela ferait de lui un homme respectable, un bon époux et un bon fils, ayant fait honneur à la tradition en somme. À l’insu de tous, il part donc faire un test de fertilité. S’il est stérile, se verra-t-il toujours comme un homme dans les yeux des siens ? Ou se réfugira-t-il dans le déni, quand bien même l’aveu de sa stérilité pourrait l’innocenter, aux yeux des policiers, de l’acte dont on l’accuse à tort ? Pour son quatrième long métrage, le cinéaste franco-algérien Amor Hakkar questionne une problématique cruciale dans son pays natal. Après avoir déjà abordé, dans son précédent film (Quelques jours de répit, sélectionné en 2011 pour le très prestigieux festival de Sundance) la question, plus épineuse encore, de l’impossibilité de vivre au grand jour, en Iran, son homosexualité, Hakkar s’attache ici, une fois encore, au portrait d’un personnage à un carrefour de son destin. Sobre, naturaliste, dénué d’artifices, La Preuve se focalise sur la dimension humaine de son récit. Caméra à l’épaule, Hakkar suit de près les pérégrinations d’Ali, incarné avec justesse par Nabil Asli. Débutant comme un drame existentiel et intimiste, La Preuve a la bonne idée de bifurquer en chemin vers le canevas policier, relançant l’intérêt de son histoire quand celle-ci commençait à faire du surplace. Un film classique mais réussi, apportant la preuve, si besoin était, d’une certaine vitalité du cinéma algérien d’aujourd’hui. _G.A.