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Prendre L’air

Moyens légers, format inhabituel (ni long ni court), interprètes peu connus : cette échappée belle a tout du film fragile. C’est sans doute ce qui a conduit le cinéma parisien le Saint-André des Arts à le proposer au public, avec Le Temps qu’il fait, du même Nicolas Leclere, dans le cadre d’un programme consacré à son actrice principale, la jeune Astrid Adverbe, comédienne atypique et réalisatrice de deux courts métrages autobiographiques également présentés. Fragile, tressautant entre course et mélancolie, ce libre retour sur le passé, non dénué de grâce, l’est sans conteste, à l’image de son personnage féminin, en rupture d’hôpital psychiatrique. Tignasse rousse et bouclée, gestes décidés, regard direct, visage tour à tour buté et curieux, Astrid Adverbe, vue dans Nuits blanches sur la jetée de P. Vecchiali, imprime sa forte personnalité à ce vagabondage en trois temps : l’évasion de l’asile, la tentative de résurrection de l’amour défunt et la rencontre d’un nouvel homme. La comédienne mène la danse d’un réalisateur sous le charme, à l’instar des trois hommes qui jalonnent son périple. Et tant pis si Colette, son personnage, part sans se retourner, semant le gentil Pascal. Le métier de vivre, qui occupe, dit-elle, tout son temps, exige quelques dégâts collatéraux, peut-être ceux-là même qui l’ont conduite à Sainte-Anne et dont nous ne saurons rien. Tout comme nous ne saurons rien de la morte – mère, grand-mère ? Colette avance dans l’urgence de se reconstruire, sur des dialogues aux accents rohmériens, empreints d’humour et de gravité mêlés (le docte récit des origines de son Ordre par Paul est à ce titre savoureux), à travers une Provence au ciel voilé, comme son humeur. _M.D.