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Praia Do Futuro

Si l’on peut reconnaître un don à Karim Aïnouz, c’est celui de savoir être programmé dans les grands festivals. En 2002, son premier long métrage, Madame Satã, déjà un mélo gay, était à Cannes. Les Fiches soulignèrent alors ses qualités formelles mais aussi ses lassantes redites. En 2011, toujours à Cannes, elles saluèrent la réussite de La Falaise argentée (resté inédit en France). Trois ans plus tard, Aïnouz était à nouveau – sans succès – dans moult compétitions (dont Berlin), avec Praia do futuro. Les redites occupent à nouveau l’écran, et, passée la première demi-heure, l’ennui s’installe. Les médiocrités du scénario et de l’interprétation ne permettent jamais que l’on s’intéresse aux personnages, et les conventions s’accumulent : Donato a, bien sûr, une maman et un jeune frère qui ont besoin de lui. Celui-ci va, bien sûr, piquer la moto de Konrad et, pardi ! avoir un accident… Que cela se passe entre hommes ne change rien : on baigne ici dans les poncifs des vieux romans-photos d’il y a des décennies. Quant à la maîtrise technique et au sens de l’image que l’on avait pu reconnaître naguère au réalisateur, ils l’ont visiblement abandonné. Vues touristiques de Fortaleza, cartes postales berlinoises (on pourra dire, avec indulgence, que c’est ainsi que Donato aurait pu naïvement découvrir la ville), scènes de boîtes répétitives, interminables et lassantes alternent avec des séquences de sexe lassantes, interminables et répétitives, jusqu’à l’improbable échappée brouillardeuse finale, qui pourrait s’étirer à l’infini. Tout cela donne un film assez paresseux, trop souvent complaisant et in fine vide de sens, qui paraît déjà daté. _Ch.B.