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Poings Contre Les Murs

Avec Les Poings contre les murs, David Mackenzie, réalisateur multi-récompensé de My Name is Hallam Foe, explore le film de prison et s’impose les limites d’un environnement clos où, faute d’espace et de profondeur de champ, le regard est borné, et répétitif le comportement des protagonistes. Délinquant aussi jeune que violent, Eric est transféré dans une prison pour adultes. Dès son arrivée, le spectateur mesure à ses côtés la tension qui règne dans cet univers métallique peuplé de gladiateurs, l’action se déroulant essentiellement dans une prison bien réelle. Grâce à ses partis pris – caméra portée, plans resserrés, dialogues parcimonieux – le réalisateur capte les regards de fauves du personnel et des détenus tout en insistant sur la nécessité de les esquiver pour s’épargner une rixe ou une brimade. L’autorité, dont le regard des gardiens à travers le judas ou le passe-plat est la matérialisation, proscrit, de fait, toute intimité. La justice, symbolisée avec ironie par une statue amputée aperçue derrière le carreau brisé d’une fenêtre, est incarnée par la directrice qui autorise, avant d’y mettre bientôt fin, les séances de thérapie d’Eric, ultime possibilité de communiquer sans violence. Cette micro-société hiérarchisée et corrompue, dont gardiens et détenus sont responsables à parité, génère une sauvagerie extrême qu’illustre notamment la scène glaçante de la pendaison d’Eric. À la manière de Don Siegel (L’Évadé d’Alcatraz) ou de Steve McQueen (Hunger), Mackenzie parvient à provoquer un choc visuel sans fioritures, servi par la performance étonnante de Jack O’Connell. Sans révolutionner le genre, il réalise une œuvre efficace et impressionnante. _M.T.