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Philomena

L’histoire vraie de Philomena implique tout à la fois le sentiment maternel, la reconnaissance de ses racines, le puritanisme catholique, le trafic d’enfants, l’homosexualité dans les années 1980, la dépression guettant le chômeur, la culpabilité induite par la religion… À moins que le film ne soit que la confrontation entre deux mondes et deux générations, celui du journaliste oxfordien et de la femme du peuple, nourrie de romans à l’eau de rose et de “common decency”, sans oublier le passage de l’Irlande aux États-Unis. Au risque de rester superficiels, Stephen Frears et Steve Coogan (ici à la fois producteur, scénariste et interprète) n’ont pas privilégié un seul angle d’attaque pour raconter cette aventure humaine (les Anglais appellent cela une “human interest story”) tirée de The Lost Child of Philomena Lee, de Martin Sixsmith. Le film s’enrichit en fait du point de vue des deux protagonistes principaux, chacun apprenant de l’autre. Après cinquante ans de silence, avec la publication du livre (et maintenant du film), Philomena Lee fait acte d’insoumission envers l’autorité de l’Église, tout en pardonnant aux sœurs qui avaient brisé sa vie. Le film a l’intelligence de n’éluder aucune question, fût-elle triviale (l’enfant adopté se souvient-il de sa mère ? Est-ce mentir que de garder un secret ? Pourquoi Dieu a-t-il donné à la femme un clitoris ? Pourquoi les archives du couvent ont-elles brûlé ?), et il le fait avec un sens du rythme qui tient du suspense (Philomena obtiendra-t-elle une réponse à ses questions ? Martin rebondira-t-il ?) et un sens de l’humour totalement dénué de cynisme. Voilà bien une histoire faisant preuve d’un véritable intérêt humain. _M.B.