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Paz

Il faut un certain talent pour ne pas verser dans la caricature, lorsque l’on décide de s’attaquer au sujet de la folie. Il faut aussi beaucoup de doigté pour ne pas tomber dans l’“étude de cas” et la psychologie de bazar. Santiago Loza en est parfaitement conscient et signe ainsi un portrait d’une rare justesse. Son héros, Liso, finement interprété par Lisandro Rodríguez, souffre d’une pathologie qui n’est judicieusement pas nommée. On le découvre au moment où il quitte un hôpital psychiatrique pour retrouver une autre forme de prison : sa relation avec sa mère, qui le dorlote comme s’il avait encore 8 ans, joue sans cesse avec ses cheveux et lui offre une moto comme on offre un vélo. L’aisance financière de la famille de Liso et l’oisiveté qui en découle mènent au malheur. La mère passe son temps entre la télévision et la piscine, toujours allongée, à la manière des Romains de l’antiquité. Le père, face au désœuvrement de son fils, ne trouve rien de mieux à faire que de lui apprendre à tirer au revolver ou lui donner de quoi payer des prostituées. La mère pousse Liso à ne pas travailler, quand son père le lui reproche. Le fils semble ne pouvoir être que le produit des névroses de ses parents, et, pris dans cet insupportable étau, n’a finalement d’autre échappatoire que la folie. La Paz est donc le terrible récit d’une éducation ratée. Toute la beauté du film réside dans sa capacité à montrer plutôt que dire, en évitant le sensationnel. Malgré un sujet se prêtant au pathos, à l’hystérie ou à une satire sociale agressive, Loza fait constamment le choix de la douceur et de la délicatesse. À ce titre, on peut juste être surpris par la brusquerie avec laquelle le réalisateur accole, in fine, un happy-end à cette touchante et fragile chronique. _P-J.M.