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Pas Son Genre

D’abord un peu épais dans le tableau qu’il dresse de la ville d’Arras, où échoue à regret son héros parisiano-centré (on s’y plaint, dès la première réplique incombant à un protagoniste du cru, de ce qu’il “drache”, et les noceurs enivrés y entonnent alternativement Le P’tit quinquin et Les Gars du Nord), ainsi que dans le portrait de son duo de tête (elle s’adonne au karaoké lorsqu’il étudie Kant ; elle admire Jennifer Aniston, dont il ignore jusqu’à l’existence), Pas son genre adopte la trame de la comédie romantique : attraction des contraires, rupture puis rabibochage, avant que la veine dramatique propre aux derniers films de Belvaux reprenne le dessus. Philosophe des affects, Clément peine – là encore, le paradoxe est souligné avec insistance – à exprimer ses sentiments, si ce n’est à porter crédit à la notion même de couple. Moins à l’aise dans le maniement des concepts, Jennifer, elle, ressent les choses comme allant d’elles-mêmes, ainsi que savent le faire les “vraies gens”. Or, c’est paradoxalement par cet énième schématisme que le film s’avère poignant. D’une part, les pesanteurs du script, ainsi additionnées, comme mises en concurrence, se parasitent entre elles ; d’autre part, émerge là une composante plus intime : on discerne chez Clément un mal-être et une incapacité irréductibles à toute explication, angles morts dans la grille de lecture sociologique, tendance bourdieusienne, à laquelle s’astreignait le film, débordant progressivement sa facture programmatique. Il y a alors, dans ces personnages enfin rendus à leurs mystères, quelque chose du Sautet de Quelques jours avec moi, qui tout à la fois nous échappe et nous émeut. _T.F.