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Party Girl

Nul mépris, nulle posture surplombante à l’égard des personnages dans Party Girl (premier long du trio Amachoukeli, Burger et Theis, lauréat à Cannes de la Caméra d’or), mais le film peut produire, à la longue, une forme d’inconfort : c’est ainsi en parfait inconnu, et pour tout dire un peu gêné, que l’on prend place à la table des mariés, que l’on assiste à des effusions n’inspirant qu’une empathie toute relative. Tout ce temps, que s’agissait-il de raconter, une fois appréhendés les truismes sous-tendus par le film, et comme brandis par lui (il y a du romanesque dans la vie des gens, la fiction est un moment du vrai…), une fois assimilée sa savante immixtion entre le réel (Angélique Litzenburger, mère de l’un des cinéastes, y interprète, avec ses quatre enfants, un rôle inspiré pour partie de son expérience d’entraîneuse de cabaret) et la fiction (des acteurs non professionnels incarnent à leurs côtés des personnages inventés) ? Certes, le portrait d’Angélique, vieille dame indigne et incorrigible noctambule, à la fois vaillante et infantile, égoïste et fleur bleue, vaut le coup d’œil, mais les morceaux de bravoure auxquels il donne lieu (grosses colères, retrouvailles larmoyantes) n’auraient pas déparé dans une fiction pur jus, et brouillent encore un peu plus les pistes quant au principe du dispositif. Comme s’il s’était agi, à grands coups de naturalisme buté, de faire cracher au réel sa part de mélo : c’est parfois émouvant, maîtrisé de bout en bout, mais aussi un peu artificiel, sans jamais cesser d’interroger sur le sens d’un cinéma consistant à faire rejouer pour le public des scènes destinées à un cercle familial. _T.F.