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Partition Inachevée

Quelque peu oublié depuis Baril de poudre en 1998, le réalisateur serbe Goran Paskaljevic revient avec une sensible évocation de l’histoire de son pays et de ses cicatrices. Rongé par une lumière crépusculaire, quasi sépia, et servi par des dialogues quelque peu didactiques, le film a quelque chose de daté, ou plutôt d’usé. De fait, il épouse la démarche hésitante et l’attitude abasourdie de son vieux héros, professeur de musique à la retraite qui, découvrant soudain ses origines juives et la déportation de ses parents, déambule dans la ville à la recherche de son histoire, sans en trouver la moindre trace. Le film avance ainsi à tâtons dans les rues de Belgrade, montrant le vieux quartier juif menacé de destruction ou dévoilant un ancien parc d’attraction squatté par des réfugiés, dont tout le monde a oublié qu’il a servi, pendant la Seconde Guerre mondiale, de camp de concentration. La Partition inachevée joue sur une confrontation subtile entre passé et présent. En dehors d’une maladroite séquence onirique où il reconstitue les camps, Goran Paskaljevic semble moins chercher ici à agir par « devoir de mémoire », qu’à raconter l’impossibilité de son pays à vouloir – ou à pouvoir – se souvenir. Sans cesse renvoyé à lui-même, le professeur est bel et bien seul dans sa démarche commémorative. À part les tziganes – autres grands oubliés de l’histoire -, tous ceux qu’il croise sont trop occupés à vivre, ou à survivre, pour se soucier de ce qui a précédé. Et c’est alors tout ce pays douloureux, encore meurtri par les guerres des années 1990 et les crises actuelles, qui apparaît – à l’image de la partition dont le professeur a héritée – inachevé. _C.L.