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Paradise Lost

Première réalisation du comédien italien Andrea di Stefano (Avant la nuit, Ne te retourne pas), Paradise Lost s’affirme comme une réflexion – maîtrisée mais inaboutie – sur la violence et la manipulation à travers la figure puissante et désormais mythique de Pablo Escobar, l’autre nom du mal. Dans le cadre somptueux de la nature colombienne, une tragédie est en marche, dont personne ne sortira indemne. Tissant une trame sur laquelle s’entrecroisent les fils d’une biographie avérée à des éléments purement fictionnels, l’ensemble est porté par l’interprétation incandescente de Benicio del Toro, manifestement habité par ce personnage dont la force de séduction, à la fois brutale et subtile, littéralement sidérante, distingue les grands manipulateurs. Le traitement de cette figure, présentée dans toute l’ampleur et la sophistication de ses contradictions, est la vraie réussite du film. Père de famille attentif, mari aimant, patriarche attentionné, il peut être, dans le même temps, cynique, déterminé et cruel jusqu’à la folie. Incapable de supporter la frustration, paranoïaque, roublard, séducteur et fascinant, il a en main toutes les cartes pour devenir celui qu’il sera : le plus grand narco-trafiquant de tous les temps. Cet être hybride est encore aujourd’hui considéré par la moitié de la population colombienne comme un bienfaiteur national, quand les autres pleurent les morts qu’il sema sur son parcours funeste. Ici, Nick, incarnation à la fois gracieuse et pathétique du candide, incarne le double du spectateur, placé lui aussi en position d’observation, fasciné par l’implacable machinerie du destin en action. Ce que ce film, irrigué d’énergie – malgré les facilités évidentes du scénario et son désintérêt pour les personnages secondaires -, porte avec puissance. _N.Z.