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Palma Real Motel

Deuxième long métrage du réalisateur mexicain Aarón Fernández (Pièces détachées), Palma Real Motel est d’abord une histoire de solitude : en l’occurrence, celle présidant à la rencontre – et à l’inévitable rapprochement – de ses deux personnages, Sebastián et Miranda, réunis par le hasard dans un motel de bord de route. Ce sont les “heures mortes” (titre original du film) qui confèrent au film son atmosphère : chaque mesure de silence y semble précisément pesée, que ce soit dans les moments où Miranda fume dans son appartement, ou ceux où l’on suit le quotidien, répétitif et rébarbatif, de Sebastián. Jamais pourtant le film ne devient soporifique pour le spectateur, car le cinéaste l’ajoure d’une poignée de séquences légères et rafraîchissantes, sans rapport direct avec la trame principale : l’amitié entre Sebastián et un gamin de 12 ans, vendeur de noix de coco, en est un exemple. Le film se montre surtout subtil en ne s’appuyant pas sur la liaison de ses personnages pour sortir le récit de sa torpeur, et ainsi le faire basculer dans une histoire passionnelle et mouvementée. Bien au contraire : calme, solitude et ennui n’ont de cesse d’envelopper les personnages, lesquels s’approprient des moments qui, désormais partagés, s’en voient changés du tout au tout. Car Miranda, par son irruption dans la vie du jeune homme, l’ouvre à un univers auquel il n’avait jamais goûté. Et c’est avec discrétion que cet éveil à l’amour et à la sensualité est capté par le cinéaste. Une approche qui nous épargne avec bonheur les clichés du récit d’initiation attendu. Doux, lent et indolent, Palma Real Motel exhale un charme ténu, mais réel. _D.C.