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Oranais

Lyes Salem signe, après Mascarades, un deuxième long métrage résolument ambitieux. Dans L’Oranais, le réalisateur, qui tient également le rôle principal, a vu les choses en grand, puisqu’il se propose de dépeindre trente années (mouvementées) de l’histoire d’Algérie en deux heures. La guerre, l’indépendance, les années d’effervescence et d’espoir, puis les inégalités et injustices grandissantes, les tensions politiques et, enfin, la montée en puissance d’un pouvoir à poigne de fer (illustrée par les hommes des services secrets) : le film est animé par le désir de recomposer le passé du pays, de recréer une mémoire collective et d’évoquer certains pans de l’Histoire qui, aujourd’hui encore, restent tabous et peu montrés au cinéma. La difficulté pour Salem était donc de mêler la grande histoire avec la petite. Le pari n’est, malheureusement, pas totalement gagné. D’une part, le cinéaste manque de finesse dans sa peinture de la vie familiale de Djaffar, qu’il peine justement à relier aux grands événements politiques se déroulant en parallèle. D’autre part, son scénario, acrobatique, est construit essentiellement en flash-backs, et les allées et venues temporelles que ces derniers génèrent ne bénéficient pas d’un montage assez fluide pour ne pas perturber le rythme du film. Si Salem échoue à livrer la grande fresque qu’il ambitionnait (dans l’esprit du 1900 de Bertolucci), il parvient malgré tout à chroniquer, sur trente ans, les états d’âme d’un homme obligé de confronter ses idéaux à la réalité de son temps. L’histoire post-coloniale reste pleine d’ombres, de luttes de pouvoir et d’influences, et Djaffar doit choisir entre réécrire sa propre histoire – et l’ériger au rang de mythe – ou succomber au doute – et la gommer d’un récit national mythifié. _La.R.