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Nos Enfants

En mai, dans La Repubblica, Ivano De Matteo soulignait le thème commun qui fait le lien entre ce film, présenté à la Mostra de Venise 2013, et ses précédents (La Bella gente et Les Équilibristes) : la famille et son explosion. Le réalisateur poursuit ici son étude de mœurs en adaptant un roman du Néerlandais Herman Koch : Le Dîner. Contrairement au livre, qui se cantonnait à l’espace-temps d’un dîner au restaurant, le film s’efforce de donner de l’épaisseur aux personnages. Soit deux frères, ou plutôt deux couples, que tout oppose. Paolo, pédiatre dévoué, et sa femme, Clara, se la jouent profil bas, quand Massimo, brillant avocat prêt à défendre toutes les causes, et son épouse, Sofia, aiment afficher leur aisance de grands bourgeois romains. La routine confortable des deux familles bascule lorsque leurs ados commettent un acte d’une violence aussi extrême que gratuite. Que faire ? Dénoncer les jeunes criminels ou les protéger ? Le dilemme moral fissure les murs apparemment solides de chaque cellule familiale. Le geste de la progéniture agit comme un révélateur du fossé qui existe entre l’image que les couples renvoient d’eux-mêmes et ce qu’ils sont profondément. Le renversement des rôles qui s’opère alors est intéressant : le médecin altruiste se transforme en homme affolé, prêt à tuer pour sauver son fils meurtrier, tandis que le défenseur de délinquants amoraux n’est pas prêt à couvrir sa propre fille. Dommage que ces enjeux n’interviennent que dans le dernier tiers du film : hypnotisé par ses acteurs, De Matteo aura auparavant fait traîner en longueur les scènes d’exposition, affadissant l’histoire. Il manque ici la férocité jubilatoire du Carnage de Polanski. _I.B.