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Noé

Darren Aronofsky portait ce récit depuis longtemps. Et Noé s’ajoute de fait très naturellement à la collection de personnages névrotiques qui parcourent la filmographie de cet ex-jeune surdoué. Contre toute attente, la transposition du mythe n’est que raisonnablement mystique, car c’est à l’humanité profonde qu’Aronofsky s’intéresse et c’est à travers la tragédie intime de cet homme qu’il nous passionne. Contre toute attente aussi, le film, que l’on disait tenu par ses producteurs, ne se perd pas dans une débauche d’effets spéciaux. Au contraire, Aronofsky applique ses meilleurs effets aux plus petits événements (la pousse d’une fleur, la réapparition d’une forêt) et laisse pratiquement en hors champ tout ce qui relève réellement du spectaculaire (le Déluge, l’agonie – barbare – des hommes). Rien, en quelque sorte, ne fait dévier son regard de l’étau qui se resserre autour de son Noé, homme de bien qui s’enivre jusqu’à la gueule de bois de son exceptionnel sens de la justice. “Comment aller trop loin ?” est décidément la question qui hante le cinéma d’Aronofsky. Et s’il use de procédés narratifs semblant un peu simplistes, voire grossiers, il s’avère qu’il analyse en fait assez finement ce moment décisif où l’être qui s’éclaire finit par s’aveugler. La seconde partie de Noé, succédant à une suite d’images d’Épinal (sur la famille, l’écologie, le bio), est tout à fait saisissante, dans cette façon de tendre le récit à la fois lentement et nerveusement. Aronofsky a un indiscutable talent de conteur. Et c’est aussi pour cela que l’on aime aller au cinéma : pour voir une histoire. _Ch.R.