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Night Call

Night Call dépeint le monde des médias et de la course aux images sanglantes et offre à voir l’horreur américaine dans toute sa splendeur. Si la caricature du monde médiatique est relativement datée et n’a pas la portée visionnaire du Network de Lumet, le film trouve la grâce, et son salut, dans la peinture de son héros, Lou Bloom (opérateur freelance traquant, la nuit venue, les images de faits divers, pour les vendre à des chaînes d’information), interprété par Jake Gyllenhaal, aussi effrayant qu’un Peter Lorre ou un Joe Spinell. De toute évidence, le nom du personnage n’est pas dû au hasard. Des Lou Bloom qui, à l’instar du héros de l’Ulysse de Joyce, Leopold Bloom, “se régale(nt) des entrailles des animaux et des volatiles” (comprendre nos congénaires), des minuscules êtres désincarnés qui semblent répondre à la définition que donnait la revue Tiqqun du mot “Bloom” (“Forme-de-vie crépusculaire, vacante, affectant communément les humains dans le monde de la marchandise autoritaire”), le monde d’aujourd’hui n’en manque pas. Lou Bloom n’est qu’une ombre, l’horrible enfant né d’on ne sait quel odieux commerce. On pourrait s’amuser de la farce, mais la façon qu’a Bloom de prendre au pied de la lettre et d’appliquer “sur le terrain” les discours commerciaux et managériaux appris à l’école des tutoriels d’internet (ce qui en fait un psychopathe au sens propre du terme) nous en empêche. C’est ainsi tout le mérite du premier film de Dan Gilroy, scénariste chevronné et frère de Tony Gilroy (Michael Clayton) que de naviguer entre comédie acerbe, thriller et chronique de l’époque. Quant à Jake Gyllenhaal (reptilien, émacié, les yeux exorbités), il nous prouve, une fois de plus, son immense talent. _P-J.M.