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Near Death Experience

Ce qui saute aux yeux, dès la première scène, c’est le parti pris esthétique de Delépine et Kervern. Les deux cinéastes ont opté pour une image râpeuse de petite caméra “basse définition”, et une limitation drastique du nombre de plans. Une réalisation minimaliste, assortie d’une mise en scène extrêmement dépouillée, au service du drame existentiel de Paul, modeste employé en plein pétage de plombs. Une étonnante élégance plastique se dégage de l’ensemble. Deuxième élément marquant : Paul est interprété par Michel Houellebecq, et, de fait, le pari fonctionne : son profil de vieille femme rabougrie et sa voix feutrée racontent à merveille les déceptions d’une vie sans relief. Le monologue intérieur de Paul, présent tout au long du film, semble d’ailleurs jaillir de la plume même de l’homme à la parka : “Quand on est vieux on n’apporte plus rien à l’économie de marché ; s’accrocher à la vie est égoïste”. On retrouve les préoccupations et le ton primesautier qui firent le succès du chantre de l’homme moyen, mais il manque toutefois la méchanceté tonique de l’auteur. Car Paul est avant tout un être à bout de souffle, qui constate son incapacité à suivre le mouvement… Le problème est que le film ne nous dit rien que Delépine et Kervern n’aient déjà dit et redit précédemment. Refus libertaire du culte de la performance, critique radicale du capitalisme, revendication d’une poésie punk de sales gosses : on connaît tout cela. D’où un sentiment de rabâchage, voire de pose, renforcé par la longueur ostensiblement “japonisante” de certains plans. Bel objet donc, mais qui n’a au fond pas grand-chose à proposer, sinon un énième rappel des options philosophiques du duo. _G.R.