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Nature

BBC Earth Films a mis les petits plats dans les grands pour sa dernière production. Déjà connue pour ses documentaires léchés, la société de production entre ici dans une nouvelle ère en relevant simultanément deux challenges : tout d’abord celui de proposer un panorama quasi exhaustif de la faune et de la flore la plus sauvage et spectaculaire d’Afrique, ensuite celui de recourir pour ce faire à la 3D. Voilà qui n’est pas une mince affaire et l’on peut, avant toute chose, saluer la bonne maîtrise de cette 3D qui (pour une fois) a de réelles raisons d’exister. Les sujets filmés sont, en effet, idéaux et permettent de plonger le spectateur dans des décors à couper le souffle. On retiendra notamment le Mont Kenya et ses températures extrêmes, avoisinant les 50 degrés le jour alors que la nuit tout n’est que glace, ou encore les impressionnantes chutes Victoria. Et c’est aussi le cas pour les minuscules détails, mis en valeur par cet outil numérique qu’est la 3D (les gouttes d’eau quand vient la saison des pluies, les insectes…). Il n’y a pas de doute : on s’y croirait. Le résultat est tout à fait spectaculaire, il semblerait donc que le défi soit relevé. Cependant, le documentaire se laisse bien souvent aller à en faire trop. Car, en voulant systématiquement nous impressionner avec des plans de paysages vertigineux, d’animaux sauvages ou de microscopiques détails, le film finit par totalement négliger de construire une trame scénaristique, ce qui ne devrait pourtant pas être un détail, même pour un documentaire. D’autre part, Nature cible de toute évidence un public familial et jeune. Le rôle du narrateur ne devrait donc pas être de nous assaillir de détails géographiques ou biologiques. Enfin, l’idée globale semble être de nous faire vivre dans cette nature, comme si nous y étions. Mais un film doit-il se contenter d’être riche en plans et lieux de tournage ? La forme prévaut-elle sur le fond ? En l’occurence, le film se repose sur des procédés répétitifs, abusant notamment des effets de ralenti et d’accéléré. Il s’accompagne par ailleurs d’une voix off redondante et didactique, un brin envahissante. Malgré la beauté intrinsèque des visions produites, Patrick Morris et Neil Nightingale (ce dernier ayant auparavant coréalisé Sur la terre des dinosaures, qui recourait d’ores et déjà à la 3D) craignent visiblement comme la peste le moindre moment de silence. Leur approche, dans l’ensemble, n’est pourtant pas dénuée d’intérêt. Plutôt que de chercher à culpabiliser le public quant à l’empreinte néfaste de l’homme sur son environnement, ou à l’abreuver de déclarations impregnées de catastrophisme, les auteurs tentent de lui occasionner un émerveillement esthétique, en prenant le pari que celui-ci sera la première étape, ou le corollaire, d’une prise de conscience : cette nature, sauvage et lointaine, est à tous points de vue vertigineuse, mais elle est aussi, plus discrète, insoupçonnée parfois, aux portes des villes. Reste à savoir si les spectateurs se montreront réceptifs au possible message du film autant qu’à sa joliesse. _D.C.