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My Sweet Pepper Land

Hiner Saleem continue à filmer le Kurdistan en évoquant, sur un mode tragi-comique, les obstacles auxquels doit faire face une nation en construction. Pour My Sweet Pepper Land, il a judicieusement choisi de transposer l’univers du western, tendance spaghetti, dans les montagnes kurdes afin d’évoquer la difficulté de faire appliquer une législation appelée à devenir celle d’un État. Comme à l’échelle d’un théâtre, tout se joue dans un petit village perdu, où Baran, le héros, vient mettre de l’ordre et régler leur compte aux rebelles. Le film commence par une saisissante scène d’humour noir montrant un bourreau en train de peiner, techniquement parlant, à pendre le premier condamné à mort du pays. Ainsi le cinéaste étonne-t-il d’emblée en campant cette ambiance de western où alternent, dans une lumière éclatante, plans larges et cadres serrés. La suite, en revanche, se montre moins riche en effets de surprise, Saleem, dont la veine naturelle est habituellement loufoque et tendre, mêlant à cette histoire une romance plutôt convenue bien que joliment interprétée par Korkmaz Arslan et Golshifteh Farahani. Si l’envie vient par conséquent de s’attacher à ces personnages, on aimerait également pouvoir saisir plus clairement les enjeux qui sous-tendent le récit. À travers la fratrie, dont l’honneur est bafoué, le juge, complaisant avec les récalcitrants, le trafic de médicaments et les résistantes, Hiner Saleem aborde nombre de problématiques qui complexifient l’intrigue initiale sans en exploiter suffisamment la portée pour en dresser un tableau précis. Moins dense et cocasse que ne l’était Vodka Lemon, My Sweet Pepper Land pèche un peu par manque de finesse. _G.T.