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Monuments Men

Hitler ambitionnait de réunir dans son Führermuseum, à Linz, les trésors de l’art européen, ou du moins ce qu’il considérait être l’“art véritable”, fatalement aryen, le reste étant considéré comme “dégénéré” et donc voué à la destruction. Les Américains réagirent avec les “Monuments Men”, brigade d’intellectuels qui se lança dans une course acharnée à travers les décombres de l’Europe pour sauver son patrimoine culturel de l’anéantissement. Il y avait là un sujet en or, mais auquel le film de Clooney ne rend pas justice, malgré une bande d’antihéros interprétés avec talent (en particulier par le touchant Bob Balaban). L’alchimie ne prend pas, et malgré l’humour en étendard, on est loin, par exemple, de la malice d’un film comme De l’or pour les braves de Brian G. Hutton. Inévitablement, nos soldats du dimanche sont confrontés à l’horreur de la guerre : Walter et Jean-Claude se retrouvent face à un sniper, dans un scène qui fait écho au Full Metal Jacket de Kubrick et dont Clooney aurait dû s’abstenir. L’ensemble est accompagné d’une partition binaire et agaçante, mécaniquement triste ou enjouée. Certaines scènes émergent néanmoins, des trésors d’ingéniosité dont font preuve nos héros pour sauver Granger – qui, le pied sur une mine, ne devra son salut qu’à la panne de l’engin – au silence consécutif à la découverte d’un tonneau empli de dents en or, pudeur inespérée que l’on ne retrouve pas ailleurs, Clooney ayant eu l’idée de revêtir les confortables habits d’un justicier pour faire la morale au responsable d’un camp de concentration. Enfin, si, tout du long, le film ressasse la question : “Doit-on risquer sa vie pour sauver une œuvre d’art ?”, il se montre hélas totalement incompétent à témoigner de la primordialité de l’Art. _P-J.M.