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Monde Nous Appartient

On se souvient qu’Al Pacino, alias Tony Montana dans le Scarface de Brian de Palma, avait fait graver sa devise en lettres d’or : The World is Yours, “le monde vous appartient”, dans son opulent manoir. C’est autour de cette image d’appétence démesurée que le film de Stephan Streker semble vouloir bâtir son intrigue, dépeignant les portraits croisés de deux jeunes bruxellois, tous deux en quête d’un absolu terriblement matériel : une grosse voiture, que l’on verra filmée amoureusement, accompagnée d’une musique religieuse. Le Graal n’est plus ce qu’il était… On voit Pouga (Vincent Rottiers) conduire une voiture de luxe volée au lavomatique ; de l’habitacle, on assiste à un festival de jets d’eau, de bulles et de lumières colorées. C’est un peu ça, Le Monde nous appartient : une confiserie chimique certes ambitieuse, mais qui manque de saveur naturelle, un film qui se cherche une certaine ampleur mais se voit sans cesse trahi par ses travers adolescents. Les deux héros sonnent faux, quand les autres personnages, portés par des acteurs très solides mais que l’on a connus en meilleure forme (Olivier Gourmet, Reda Kateb) ne sont que de sommaires esquisses. Reconnaissons que le réalisateur n’a pas froid aux yeux, et qu’il a le mérite d’oser l’excès. Au détour d’une scène, on pourra, par exemple, voir un rhinocéros traverser une rue. Ailleurs, Streker signe une séquence musicale qui, hélas, décrédibilise un peu plus son film. Nul doute qu’il a ouvert bien grand les vannes de sa créativité. On espère donc qu’il s’est fait plaisir, mais force est de constater qu’il n’a pas vraiment su nous le faire partager. _P-J.M.