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Mon Amie Victoria

Les diverses notules présentant çà et là le roman (2008) de D. Lessing, répètent peu ou prou la même antienne : dénonciation du “racisme ordinaire”, de l’“hypocrisie”, les “bourgeois” blancs étant en ligne de mire. L’ouvrage est, heureusement, moins schématique et, surtout, le scénario qu’en a tiré J-P. Civeyrac est autrement plus subtil. Avoir transposé l’histoire de Londres à Paris y poussait, notre République rejetant officiellement le communautarisme que la société britannique a favorisé. Mais certains aspects un peu lourds du propos de la lauréate 2007 du prix Nobel ont aussi disparu : par exemple Charlie (Dickson dans l’original), le fils de Victoria, n’est ni “difficile” ni rejeté par la famille de Thomas, mais en est volontairement tenu éloigné par sa mère. Le personnage de Victoria, très bien incarné par G. Malanda (dont c’est le premier rôle à l’écran), prend, du coup, une complexité plus grande que celle que lui avait concédée la romancière. Quant aux Savinet (alias Staveney), ils ne sont aucunement racistes, ils sont sincères, leur bonne conscience est légitime, mais les pesanteurs accumulées et les préjugés inconscients sont tenaces (Catherine Mouchet est une fois encore parfaite, et Pascal Greggory étonnamment juste). Pourquoi dès lors n’adhère-t-on pas pleinement à ce film, le meilleur à ce jour de Civeyrac ? Péché mignon du réalisateur, il s’égare parfois dans des effets chichiteux, des longueurs inutiles. Et si le recours à la voix off peut se justifier (Victoria étant peu sûre d’elle, taiseuse, son amie Fanny prend la place – et souvent le texte – de D. Lessing), sa systématisation finit par lasser quelque peu. Dommage. _Ch.B.