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Mommy

Véritable phénomène depuis son entrée sur la scène internationale avec J’ai tué ma mère, Xavier Dolan s’accommode assez bien de son statut de prodige, impeccable communicant en recevant son prix du Jury (ex-aequo avec Godard, excusez du peu !), pour son cinquième film, Mommy. Entre ces deux récits consacrés à la mère, un film romantique sous influence Wong Kar-wai (Les Amours imaginaires), une fresque existentielle (Laurence Anyways) et un film noir théâtral (Tom à la ferme). À chaque fois : une audace, un entêtement, des maladresses, du panache. C’est ce cercle vertueux qui opère de nouveau ici, hypnotisant le spectateur. L’audace reste d’assumer pleinement la multitude de ses goûts (qualité que l’on pourrait définir comme l’une des caractéristiques de la jeune génération), du plus kitsch au plus arty. Et d’ailleurs, entre la tentative de réhabilitation de la “grande Céline” et le recours à un format téléphone pour étriquer l’écran, les frontières entre les deux extrêmes se brouillent : lequel de ces deux choix est kitsch exactement ? Dans un geste très adolescent, Dolan s’essaie donc à plusieurs personnalités, faisant croire qu’à 25 ans il signe là l’œuvre de la maturité. Car il y a de la sagesse dans ce conte moderne interprété par de véritables fées (Anne Dorval et Suzanne Clément, deux muses). Mais il y a aussi de l’esbroufe, à vouloir faire de cette crise d’adolescence un grand film social. Le panache est d’y croire. Et, de fait, Dolan réussit à transmettre ce que peuvent être les sentiments d’une mère seule, dépassée par son fils. Mais trop souvent encore donne-t-il à voir un jeune homme ambitieux usant de “trucs” de cinéma pour faire passer en force l’émotion. Que les ficelles s’estompent et son entêtement aura raison de nos réserves. _Ch.R.