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Mister Babadook

Ancienne actrice (quelques rôles, principalement à la télévision australienne, entre 1992 et 2003), Jennifer Kent est passée à la réalisation en 2005 avec un court métrage : le bien nommé Monster, dans lequel elle posait les bases de ce qui allait devenir Mister Babadook, son premier long métrage. Soit une mère célibataire confrontée aux peurs enfantines de son fils, puis à ses propres traumatismes lorsque la menace semble se faire bien réelle. Au premier abord, Mister Babadook ne prétend donc pas être d’une flamboyante originalité, utilisant le prisme du cinéma de genre pour étudier les rapports psychologiques entre ses deux protagonistes. Les (prévisibles) fausses pistes sont au rendez-vous, laissant planer le doute sur la santé mentale de l’inconsolable Amelia et les liens qui l’unissent à son “incontrôlable” fils, Samuel. Mais la cinéaste détourne à son avantage ces conventions : la fragilité d’Amelia ne fait que renforcer son isolement face à l’âpreté du monde des adultes, ceux-là même qui ne comprennent pas qu’elle puisse voir en son fils un douloureux rappel de la disparition de son mari. La prestation électrisante d’Essie Davis (vue dans la minisérie The Slap, aperçue dans Australia) donne corps à ce beau personnage meurtri, incapable de s’extraire du passé et de faire pleinement face à ses responsabilités de mère. Tourné dans une économie de moyens quasi “polanskienne” en empruntant la voie du huis clos cauchemardesque, Mister Babadook s’offre néanmoins un vrai monstre de cinéma – sous la forme d’une créature difforme et lugubre à souhait – et se démarque de la majorité des films de genre actuels, un brin malins mais dénués de propos. _Mi.G.