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Maps To The Stars

Dans la lignée de l’allégation de Faulkner selon laquelle “le passé n’est pas mort. En fait, il n’est même pas passé”, Maps to the Stars, porté par un casting prestigieux (Julianne Moore, John Cusack et Robert Pattinson, entre autres), fait la part belle aux fantômes qui peuplent l’Hollywood contemporain, devenu la tanière d’un serpent qui se mord la queue. Partout, les systèmes se répètent à l’infini : dans le monde du cinéma, où l’on ne crée plus (le remake de Stolen Waters, la franchise Bad Babysitter) et où tous ont en partage amants, agents et thérapeutes ; dans le ressassement du vers d’Eluard, “j’écris ton nom” ; dans les familles enfin, où l’inceste règne (Havana veut “incarner” sa mère à l’écran ; Agatha et Benjie répètent le couple incestueux de leurs parents). Une vaste épidémie sévit donc sur la Cité des Anges, qui honnit le nouveau sang : la jeunesse se meurt, que ce soit de maladie (Sam) ou de noyade (le fils d’Azita), quand on ne tente pas de la tuer (Benjie étranglant Roy). Deux éléments s’opposent, dont Cronenberg use ici comme de motifs récurrents : le feu (la mort de la mère d’Havana dans un incendie, la pyromanie d’Agatha, l’immolation de Christina) et l’eau (les fantômes, figures inédites chez Cronenberg, qui apparaissent dans des milieux aquatiques). C’est donc tout naturellement que Stafford, découvrant sa femme en feu, l’immerge dans l’eau de la piscine, précipitant son passage d’un état à l’autre. Fidèle à ses thèmes fétiches (le double, le corps) et digne héritier de Wilder, de Minnelli ou d’Aldrich, Cronenberg reprend le flambeau et éventre le monstre hollywoodien, étalant au grand jour et non sans dégoût son absurde folie. _P-J.M.