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Mante Religieuse

“Si tu attends d’être saint pour aimer Dieu, alors tu ne l’aimeras jamais”. Ainsi Natalie Saracco, citant St Augustin, conclut-elle son premier long métrage. La rédemption par la foi – à travers le parcours d’une héroïque enquête de trangressions variées – est le thème audacieux qu’aborde La Mante religieuse. Par jeu et par provocation, la belle Jézabel, jeune peintre bisexuelle sans soucis matériels apparents, fait le pari de mettre dans son lit David, ce prêtre sexy qui n’est pourtant habité que par sa mission évangélique. Mais “tel est pris qui croyait prendre” : c’est la pécheresse manipulatrice, telle une Marie-Madeleine des temps modernes, qui se laisse bientôt séduire par l’abnégation et la foi communicative de David. La tentation de se référer au duel métaphysique du roman de Béatrice Beck, Léon Morin, prêtre (prix Goncourt 1952), adapté superbement au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1961, ne tient pas sur la durée, tant les stéréotypes religieux sont déclinés sans nuances (excepté pour le personnage de Mère Gisèle). La beauté sulfureuse de Jézabel, dont les toiles monumentales évoquent la peinture torturée de Francis Bacon, est censée représenter le diable quand David incarnerait un Bon Dieu moderne secourant ses brebis égarées (Stan, prostituées, travestis, marchands de sommeil, SDF). Pourtant, aucune sensualité ne se dégage des deux protagonistes, cantonnés à des dialogues empesés que les acteurs ne parviennent pas à sublimer. Le spectateur décèle vite les ficelles d’un scénario simpliste dont la mise en scène n’est guère inventive. Dommage que ce message d’amour et de tolérance, délivré maladroitement et en bout de course, ne semble prêcher que des convaincus. _M.T.