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Magic In The Moonlight

Alors qu’ils se sont réfugiés dans un observatoire, Stanley et Sophie observent les étoiles : lui les trouve “menaçantes”, elle les trouve “romantiques”. Le lendemain, Stanley verra les choses autrement… S’il est une magie en ce monde, c’est celle des sentiments qui hypnotisent et envoûtent deux êtres, si différents soient-ils. “You do something to me / Something that simply mystifies me / Tell me why shoud it be / You have the power to hypnotize me…” : dès le générique de début, la chanson de Cole Porter annonce la couleur. Passionné de prestidigitation, Woody Allen se projette dans Stanley, éternel rationnel qui met dans le même sac “les tables qui tournent, le Vatican et l’au-delà”. Choisissant une époque et un lieu (1928 en Europe) où le spiritisme était très en vogue, il tire le meilleur parti de l’élégance surannée des décors et costumes. Le bibi et les robes années folles rendent irrésistible sa médium, jeune femme issue de la classe ouvrière tentant de faire son chemin hors de la misère, typique “gold-digger” (chercheuse d’or) des fictions d’alors. Tout est en place pour faire basculer son héros cynique cartésien et épris de culture (il lit Nietzsche, écoute Beethoven) dans un rêve d’absolu. Les séquences s’enchaînent à toute vitesse, comme les numéros d’un magicien et sans qu’on en voie les ficelles ; les dialogues étincelants sont vachards et drôles, et les acteurs sont épatants (merci à Colin Firth, qui ne singe pas Woody Allen). Saupoudrée d’une certaine mélancolie allénienne – l’illusion des débuts s’évaporera, et en Amérique et en Europe se préparent des jours sombres -, cette naissance à l’amour d’un misanthrope est un spectacle réjouissant. _I.D.