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Maestro

Curieux objet que cette comédie douce-amère à la genèse chargée d’émotion. C’est en quelque sorte un film d’outre-tombe, puisqu’il est fondé sur le scénario que Jocelyn Quivrin, acteur prometteur mort au volant de sa voiture en 2009, avait rédigé en s’inspirant de sa rencontre avec Éric Rohmer sur le tournage des Amours d’Astrée et de Céladon. La réalisatrice Léa Fazer (Notre univers impitoyable, Ensemble c’est trop…), amie de Jocelyn Quivrin, qu’elle avait dirigé, a repris le projet, en en conservant toutefois l’argument : la transmission, par un vieil homme pétri de culture, de son amour des arts à un jeune homme en jachère. Elle en tire un film hybride, où elle mêle hommage aux deux disparus (Rohmer mourra peu après Quivrin), comédie sentimentale et récit d’apprentissage. Ce mélange des genres n’est pas forcément très heureux, la cinéaste se montrant beaucoup plus à l’aise dans la comédie de mœurs que dans la peinture d’une idylle de tournage, traitée de façon trop simpliste. Mais l’essentiel est que, au fil de petites anecdotes tour à tour truculentes ou touchantes, Fazer développe avec grâce la relation qui unit vite le jeune acteur à son mentor de cinéaste. Par ailleurs, la finesse de sa distribution, inattendue pour partie, apporte beaucoup à une réalisation sans grand éclat. Le choix de Michael Lonsdale, dont le visage de Saint-Bernard recèle toute la malice appropriée au rôle du cultivé Rovère, est parfait. L’excellente Dominique Raymond compose une assistante toute dévouée, mais ouverte à l’aventure, avec jubilation et, last but not least, Pio Marmaï, qui brillait dans Dans la cour, offre à Henri, outre son joli minois, une gouaille élégante qu’il nuance avec souplesse vers plus d’intériorité. _M.D.