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Lulu Femme Nue

Improvisant une rupture dans son quotidien, Lulu est l’héroïne d’un road-movie presque immobile. Il y a bien quelques balades à pied sur la côte vendéenne, un court trajet en stop et, à la fin, un voyage dans une antique Ami 6, mais le véhicule le plus important du film est une caravane squattée dans un terrain de camping. Pour une femme de garagiste, c’est le comble ! Lulu femme nue est un hymne à la libération des femmes qui passent leur vie au foyer, dans l’ombre du mari. Et comme dans tout-road movie, le personnage fait des rencontres et vit des expériences décisives. Cela commence par le geste emblématique de Charles lançant le téléphone portable de Lulu sur la grève. En plus de cette volonté d’autonomie (déclinée sur plusieurs générations, grâce à Virginie), Lulu femme nue nous parle de la hantise de la solitude. La vieille Marthe n’a qu’un souhait : ne pas mourir seule. Pour ce film de commande, initié par Caroline Roussel, Sólveig Anspach a trouvé dans l’excellente bande dessinée d’Étienne Davodeau une texture pleine de chaleur et d’humanité. La réalisatrice a bien choisi les acteurs pour interpréter les frères Castanaud (Philippe Rebbot est absolument stupéfiant) et retrouve, quatorze ans après haut les coeurs, l’excellente Karin Viard. Moins fantaisiste que les dernières comédies d’Anspach (Back Soon et Queen of Montreuil), Lulu femme nue porte tout de même la patte de la réalisatrice d’origine islandaise, notamment au travers de personnages secondaires qui ne sont jamais là où on s’attend qu’ils soient : apparemment loufoques, il se révèlent pleins de bon sens ; ou de prime abord névrosés, il se montrent d’une infinie douceur. Tous assurément originaux. _M.B.