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Lucy

Partant du principe que l’homme n’utilise que 10% de son cerveau, Luc Besson a écrit un scénario consciemment délirant. Pour preuve, n’est-ce pas notre héroïne, douée pour le voyage dans le temps, qui transmet l’intelligence à notre ancêtre “Lucy” ? Dans Lucy, l’Homme cybernétique prend la place de Dieu, en singeant le contact digital de ce dernier avec Adam, et accomplit ainsi le rêve ultime de tout transhumaniste. Plongeant la tête la première dans le fantasme de l’hyperconnectivité, Besson semble vouloir jouer à Kubrick. Et Eisenstein. Et Malick. Bien évidemment, on préfère imaginer qu’il n’envisage jamais sérieusement de rivaliser avec ces maîtres. Mais il prend un plaisir communicatif à les citer, au sein de ce qui relève plutôt de la série B assumée. À l’évidence, Lucy signe – enfin ! – le retour en forme de Besson, valeur sûre du BO des années 1990, auteur de films de genre normés mais dont l’existence même, au sein de la production française, en faisait des œuvres à part. En épurant à l’extrême la formule (star anglo-saxonne + cascades + fusillades) qui a fait le succès de ses productions, il n’en garde que l’essentiel : de l’action ludique et décomplexée. Fasciné par la présence de S. Johansson (qui passe en 20mn du statut de bimbo blonde à celui de deus ex machina), le cinéaste en fait une super-héroïne plus vaillante et espiègle que ses pendants US, tout en évitant d’en faire un banal objet glamour. Il se refuse à toute posture morale, dans une logique binaire (LA gentille contre les méchants), et ne pense qu’en termes de divertissement. Sans doute trop, le film débouchant sur un final assez grotesque et grandiloquent. Lucy est-il un grand film ? Certainement pas. Mais, dans la catégorie plaisir coupable, il tient la route. _L.R.