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Loup-garou

Pour son premier long métrage, le réalisateur Stéphane Lévy a sollicité le romancier en vogue Régis Jauffret, non seulement comme scénariste mais aussi comme acteur. Ce dernier a sauté sur l’occasion pour, écrit-il, “(…) vivre avec toute l’humilité du monde mon rêve de gosse de jouer les acteurs”. S’il y a, hélas, une chose que le film ne dégage pas, c’est bien l’humilité. Le cinéaste souhaitait une sorte de western littéraire à ciel ouvert, un duel psychologique qui opposerait un bourreau et une victime, moins innocente qu’il n’y paraîtrait. Trame donc sans grande originalité, argument rebattu sur lequel Régis Jauffret a bâti un scénario prétentieux, au pseudo mystère, éventé dès les premiers plans, gonflé comme une outre de dialogues et monologues qui oscillent entre le pompeux, l’abscons et le définitif. Il rêvait d’assouvir un rêve d’enfant en “faisant l’acteur”, mais jouer n’est pas un jeu. Pour rendre son personnage crédible, sans doute aurait-il fallu moins de récréation et plus de labeur. Car le problème est, justement, que l’on ne croit à rien dans cette histoire, hormis à la beauté du lieu et au chant omniprésent des cigales. De cette manipulation, du classique type sadomasochiste, pas l’ombre d’une authenticité n’émerge. Aucune montée en tension ne s’installe. À l’exception de fugaces moments, les deux protagonistes n’existent jamais à l’écran : ils restent des personnages de papier. La faute n’en incombe pas uniquement au scénario mais aussi à une réalisation approximative et tape-à-l’œil, aux moyens limités, certes, mais qui use en tout arbitraire de l’alternance couleur/Noir & Blanc et de la voix off pour feindre d’établir une ambiance oppressante. Même pas peur ! _M.D.