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Locke

Un homme se rend au chevet de la femme qui va accoucher de leur fils. Le temps d’un trajet en voiture, cet homme va faire vaciller, en son âme et conscience, les fondements de sa vie : quinze ans de couple, neuf ans de vie professionnelle. L’homme, c’est Tom Hardy : il fallait bien la vedette de Bronson pour tenir en haleine le spectateur pendant toute la durée de Locke. Car Hardy est le seul acteur à apparaître à l’écran. Des seconds rôles, on n’entendra que les voix. Plus fort encore : toute l’action se déroule exclusivement à bord de la voiture d’Ivan Locke, durant sa route vers Londres. Steven Knight, scénariste au long cours (Dirty Pretty Things, Les Promesses de l’ombre…) passé à la mise en scène en 2013, avec Crazy Joe (un “Jason Statham movie” plus noir, loin du formatage habituel), exploite intelligemment ce décor de huis clos : par un jeu sur les reflets ou sur les voitures doublant le véhicule de Locke, par des plans très serrés sur le visage de son protagoniste, par une répétition des actions qu’il accomplit… Knight établit une forme de routine pour le spectateur, comme si celui-ci était dans l’habitacle en compagnie de Locke, et parvient à intéresser avec des enjeux particulièrement réduits – qu’il s’agisse d’obtenir un simple numéro de téléphone ou de rassurer un adjoint un peu ivre… Même si, au cœur du film, réside une question primordiale : qui est Locke ? Et pourquoi s’inflige-t-il ce chemin de croix ? Knight livre des éléments de réponse – notamment dans la relation conflictuelle qu’il entretient avec son propre père, qu’il prend à parti dans la voiture – mais est pris au piège de son dispositif dans les derniers instants : le trajet de Locke va arriver à son terme et l’histoire doit donc s’arrêter. Trop abruptement. _Mi.G.