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Layla

Née à Johannesburg, Pia Marais, qui vit désormais en Allemagne, retrouve ses racines sud-africaines avec Layla, œuvre séduisante à plus d’un titre. D’abord, en vertu de l’implacable cas de conscience qu’induit son récit maîtrisé – un peu trop, peut être, jusque dans les ressorts scénaristiques sur lesquels repose le dilemme de l’héroïne -, mais aussi parce qu’il brosse le portrait d’une société en pleine mutation dont les membres – qu’ils soient noirs ou blancs – ne semblent, salutairement, plus tourmentés par les questions raciales. Ainsi, le désir qui doucement croît entre Pienaar, le blanc, et Layla, la noire, se déploie naturellement sans jamais s’en tenir à l’exemplarité, ni alimenter la moindre pose militante. En effet, les problématiques qui désormais traversent la nouvelle donne sud-africaine relèvent plutôt d’un ordre ultra-sécuritaire. Elles opposent les toujours miséreux à une classe moyenne, désormais métissée, et structurent une société de l’hyper-violence devenue, à la lettre, paranoïaque. Sur cette impitoyable toile de fond, on regarde avec intérêt et empathie se débattre cette jeune mère courageuse qui, réservée jusqu’au retranchement, paraît être la proie d’une solitude radicale, privée de lien social, familial ou amoureux. Pourtant, malgré sa déloyauté extrême et son infâme trahison (alors même qu’elle fait commerce de détecteurs de mensonge), Layla l’emporte par sa force de résistance, sa vaillance à avancer, à gagner dignement sa vie comme à chérir son fils. À sa façon, elle incarne cette Afrique du Sud qui vient, combative et amochée, tonique et déglinguée, pour laquelle le combat et sa gloire semblent être passés du champ politique au champ économique. _N.Z.