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Joe

Grand espoir du cinéma indépendant (avec George Washington en 2000, puis All the Real Girls en 2003), David Gordon Green avait entamé un virage mainstream avec l’enthousiasmant Délire express. Et puis… le chaos : miné par les échecs des comédies Votre majesté et Baby-sitter malgré lui, le réalisateur semblait condamné à servir le système. Une lueur d’espoir est arrivée en 2012 avec Prince of Texas, Ours d’argent de la mise en scène à Berlin. Joe, son nouveau film, arrive sur les écrans avec un casting de choix : le jeune Tye Sheridan, révélation de Mud de Jeff Nichols, et un Nicolas Cage des grands jours dans le rôle-titre. Récit initiatique situé dans un Texas poisseux et alarmant, Joe se définit comme l’envers noir et brutal de son long métrage précédent. Les deux losers magnifiques et attendrissants de Prince of Texas cèdent la place à un autre type de loser, repris de justice en marge de la société, constamment à fleur de peau et jamais aimable. Adaptant le roman éponyme de Larry Brown, Gordon Green dresse un état des lieux oppressant et profondément inconfortable du “Rough South” américain, autour d’une trame proche de celle de Mud. Les similitudes entre les deux œuvres – présence de Tye Sheridan, solitude du personnage principal, thèmes conjugués de la vengeance et de l’initiation… – jouent d’abord en défaveur de Joe. Mais, bientôt, le savoir-faire de Green vient heureusement conférer au film une identité propre, plus sombre et désespérée que celle de son aîné. Car, ici, les perspectives d’avenir et la rédemption se payent au prix fort. Si on retrouve avec plaisir Sheridan, toujours aussi juste, c’est la prestation acrobatique d’un Cage déroutant, touchant et inquiétant, qui reste longtemps en tête… _Mi.G.