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Jersey Boys

On savait Clint Eastwood mélomane. Après la country (Honkytonk Man) et le jazz (Bird), le réalisateur d’Impitoyable s’attaque à la pop rock, en dressant le sympathique portrait de petites frappes du New Jersey. Et ce faisant, comme dans L’Échange, démontre sa capacité à saisir l’âme d’une époque, époque où en l’occurrence on se pressait pour aller voir Danger planétaire au cinéma, où Rawhide passait à la télévision et où ne dénotait chez Liberace qu’une certaine “théâtralité ” Sur le papier, le scénario ne semblait pourtant pas d’une originalité folle : le petit monde de la mafia de la côte Est et l’histoire d’un groupe, avec ses sempiternelles querelles d’égo, ses rivalités, ses périodes de galère, ses premiers succès… Le tout adapté d’une comédie musicale à succès de Broadway. Mais Eastwood démontre une nouvelle fois ses capacités de conteur. Ses personnages s’adressent sans cesse à la caméra et, par on ne sait quel miracle, ce procédé, loin d’alourdir le film, lui confère un certain rythme. La photographie, signée Tom Stern, chef-opérateur attitré du cinéaste, est d’une grande beauté. Au casting, on retrouve Christopher Walken, comme à son habitude parfait en truculent mafieux, et une brochette de jeunes acteurs, dont le talentueux Vincent Piazza (le Lucky Luciano de la série Boardwalk Empire). Et, par-dessus tout, on sent qu’Eastwood prend plaisir à raconter cette histoire, manifestant une certaine tendresse envers ces petits voyous, avec qui il semble bien plus à l’aise qu’avec un Mandela (Invictus) ou un Hoover (J. Edgar), parsemant son film de répliques souvent drôles, et laissant le spectateur dans la douce nostalgie d’une époque qui savait rimer avec le mot espoir. _P-J.M.