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Je Voyage Seule

Une quadragénaire à ce point indépendante, sans enfants ni compagnon – et, qui plus est, heureuse de son sort -, est-ce bien raisonnable ? Maria Sole Tognazzi (dont c’est le quatrième long métrage, et le tout premier à être distribué en France) problématise à gros traits la situation d’Irene, son personnage, en lui adjoignant notamment, en guise d’écho et de contrepoint, celles de ses proches, eux-mêmes à la croisée des chemins : un ex au mode de vie tout aussi autonome, mais faisant face à la perspective d’une paternité non désirée, une sœur dont le mariage s’est enlisé dans la routine… Dans la forme, le film se borne à glisser sagement sur les intérieurs proprets des hôtels où séjourne Irène. Et manque un peu, visée sociologique oblige (dans l’acception qu’en retient une certaine presse féminine, celle d’un cahier de tendances, Irène succédant ici aux “working girls” et “célibattantes” d’hier), le portrait de son héroïne, en l’espèce celui d’une passagère perpétuelle, s’absorbant dans des considérations infinitésimales (le groom lui a-t-il montré l’emplacement des interrupteurs, du mini-bar ? A-t-on pris sa commande en moins de deux minutes ? À quelle température précise le vin lui a-t-il été servi ?) plutôt que de se soucier de procréer ou de fonder un foyer, et se diluant in fine dans les allées anonymes des terminaux. Il faut ainsi attendre le dénouement, décalque lumineux de celui d’In the Air (Jason Reitman), pour que le film séduise enfin, en s’affirmant comme la chronique d’un statu quo – tout ce temps, il ne s’était agi que d’embrasser pleinement, consciemment, la vie que, jusque-là, on avait menée sans y penser. _T.F.