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Jacky Au Royaume Des Filles

Vincent Lacoste, affublé d’une burqa qui ne laisse apparaître que son visage, rejoint ses amis pour prier devant un poney. Dans un monde où règnent les femmes, tout est inversé, des accoutrements aux comportements. Dans ce monde-là, les femmes sont appelées à un avenir militaire, tandis que les hommes touillent la bouillie. Didier Bourdon est une “mamma” et Valérie Bonneton la “chérife” du village. Riad Sattouf, le réalisateur du remarqué Les Beaux gosses (qui révéla Vincent Lacoste) semble avoir poussé à l’extrême l’inversion des codes du conte de fées (Cendrillon en tête) pour mieux en faire l’analyse critique. Cette version-là se déroule sous un régime totalitaire doté d’un langage et d’une typographie étranges, et au sein duquel sont mélangées des références à toutes sortes de dictatures connues, qu’elles soient religieuses (l’Afghanistan des talibans) ou militaires (le personnage d’Anémone est un assez savoureux mélange entre Franco et Pinochet). Dans la première partie, la peinture de ce pays imaginaire, tout en restant absurde et assez drôle, ne vise pas du tout la grosse pantalonnade. Les métaphores sont, au contraire, filées de façon très littérale et, dans une certaine mesure, réaliste, ce qui confère à l’ensemble une noirceur troublante. La seconde partie, elle, est beaucoup plus grand-guignolesque et finit par s’ouvrir joyeusement à une forme d’utopie, foutraque et sympathique. Mais Sattouf a peut-être voulu trop en faire. En cherchant à être à la fois lucide et naïf, sérieux et drôle, pédagogue et délirant, il impose des ruptures de ton parfois trop abruptes et atténue souvent l’impact de ses gags. Reste que Jacky au royaume des filles possède une ambition, une originalité, une liberté de ton à contre-courant de l’époque, qui en font un attachant ovni. _S.D.