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Irina

La guerre fit rage, on s’en souvient, en Bosnie-Herzégovine… Il arrive pourtant que celle-ci recèle ses petits miracles… Ainsi, l’amitié entre ces deux enfants que tout oppose : l’origine ethnique, la religion et la condition sociale. Car c’est parfois sur un tas de fumier que viennent à fleurir les roses. Tel pourrait être le “pitch” de cet invraisemblable film, proche du navet, qu’est Irina. Il faut dire qu’ici rien ne fonctionne… Il y a, en premier lieu, ces acteurs français dont on a l’impression qu’ils sont doublés, en français évidemment (la faute à des prises de son hasardeuses et à une post-production ayant dû s’en accomoder ?). Et puis, cette mise en scène orchestrée semble-t-il en dépit du bon sens, s’obstinant par exemple à capter en gros plan, après chaque événement, les visages des protagonistes, afin d’y scruter des réactions qui, le plus souvent, y font défaut. Ainsi, cette scène où Arif (Colin David Reese), découvrant les victimes d’un carnage, s’exclame, avec la stupeur de celui qui vient de terminer sa grille de bingo : “Oh, c’est pas vrai, toute une famille !”. On voit bien que l’ambition qui anime le cinéaste est de signer un conte enfantin illustrant les malheurs de la guerre. Le problème n’est pas alors que le récit soit pétri de naïveté et de belles intentions ou qu’il partage le monde entre les bons et les méchants si schématiquement ; le problème, c’est qu’un conte exige, au même titre que tout autre récit, un tant soit peu de précision dans le trait, sans quoi il risque de tourner au ridicule. Or celui-ci est largement consommé quand l’auteur nous montre, quelques minutes durant, la jeune Irina dansant sur le thème du Lac des Cygnes. Il s’agissait peut-être, sur le papier, d’un moment de grâce, d’un aparté rêvé dans la grisaille ambiante… Mais c’est raté. _P-J.M.