Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Interstellar

Dire que le nouveau film de Christopher Nolan est un événement est une évidence qu’il semble absurde de souligner, mais il faut bien en passer par là. L’équipe a même fait la couverture de Time Magazine, ce qui le situe au même niveau d’importance qu’une élection présidentielle. Il est vrai que l’ambition de Nolan a toujours tendu vers ce point : faire des films ayant l’impact commercial des blockbusters, tout en conservant la reconnaissance de la critique internationale. Si l’on peut considérer que Spielberg occupe plus ou moins la place désirée par Nolan, il est évident que son vrai modèle est Stanley Kubrick, l’homme qui avait mis le système à ses pieds et qui ralliait à la fois les cinéphiles les plus exigeants et le grand public. En proposant Interstellar, c’est bien au fantôme de 2001, l’odyssée de l’espace que se confronte Nolan. Et, comme de bien entendu, la comparaison ne tourne pas à l’avantage de ce dernier… Mais il y a en fait plusieurs manières d’aborder Interstellar : si on le prend comme un événement cinématographique majeur, il est évident que la déception risque d’être au rendez-vous. En effet, Nolan réussit une belle entrée en matière, grâce à une étonnante sobriété visuelle, mais peine à donner la profondeur scientifique ou philosophique nécessaire à son grand final, qui cite littéralement celui du film de Kubrick. Si, par contre, on l’envisage comme une série B sur-gonflée, on y trouvera par contre une petite œuvre fort sympathique, plutôt maîtrisée, même si sa longueur est excessive. C’est donc le poids des attentes qui peut handicaper le plus le film, et cela en dit plus long sur l’état actuel du cinéma américain que sur Nolan. _S.G.