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Incomprise

Ressemblant dès le début à une pièce de théâtre grand-guignolesque, L’Incomprise semble résulter du croisement entre la solennité d’un opéra et l’hystérie d’un soap. Couleurs criardes et décors baroques baignés d’une lumière d’été indien, costumes tellement “cinéma 70’s” et vedettes cocaïnées : Asia Argento n’y va pas mollement, c’est un fait. Son Livre de Jérémie, tout juste âgé de dix ans, et qui avait fait sensation à la Quinzaine des Réalisateurs par son obstination dans le glauque, nous prémunissait d’en être surpris. Cette troisième réalisation est en tout point son opposé. Entêtée toujours, elle exhale cette fois une humeur délicieusement surannée, quand le précédent collait à une tendance trash du cinéma, sorte de geste rageur d’une rébellion bourgeoise. Aujourd’hui, il n’y aurait plus rien à prouver, plus de nécessité à choquer, plus rien que d’être soi et avec les autres. Teinté d’autobiographie – qu’on ne s’y trompe pas, bien plus dans l’esprit que dans le récit -, il y a quelque chose dans L’Incomprise d’une descendance du cinéma réaliste italien, celui qui mêlait la candeur à une forme d’extrême maturité, consistant à vivre sans subir, donc sans haine ni rancœur. L’histoire de cette enfant mal aimée de ses parents, qui rejettent sur elle la faute de leur désamour et concentrent leur affection sur l’enfant qu’ils ont eu chacun d’une précédente union, gagne ainsi en sympathie alors que s’accumulent les lourdeurs scénaristiques et visuelles. Il faut dire que la gamine (Giulia Salerno) a du chien et qu’Argento la filme avec la douceur d’un agneau. Notre sens critique de chasseur de chef-d’œuvre s’en trouve désarmé. _Ch.R.