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Il Était Une Fois Veronica

Ce quatrième film de Marcelo Gomes repose semble-t-il sur un projet assez simple, qui consiste à prouver, à travers le portrait d’un personnage féminin, qu’au Brésil aussi, on a des crises existentielles. Soit. Jeune libertine, Veronica peine à se confronter à la dure réalité de la vie d’adulte. Afin d’exprimer les profonds questionnements qui habitent son héroïne, le réalisateur recourt à un artifice : un simple dictaphone, qui met Veronica en situation d’être à l’écoute permanente de son état intérieur (“Moi Veronica, ma propre patiente”). L’usage de cet enregistreur, sorte de cousin cinématographique des “confessionnaux” des programmes de téléréalité, ressemble à un aveu de faiblesse de la part du cinéaste qui, par cet artifice, semble essayer de compenser son incapacité à prendre en charge les interrogations du personnage par des moyens proprement cinématographiques, et par le récit notamment. Veronica fait ceci, Veronica fait cela… Tout cela finit par produire un film fait de vignettes, dont on peine à comprendre le propos. Gomes filme à fleur de peau, semble s’acharner à offrir le plus beau des écrins à son actrice, la laisse pleurer le temps d’un plan-séquence… Ainsi vit-on au plus près de son intimité, ce qui n’a rien de très plaisant tant on a l’impression d’être le spectateur captif des tourments d’une privilégiée, en proie à des dilemmes inconsistants : comment combiner le désir d’une vie de couple avec le goût du libertinage ? Faut-il trahir l’hôpital public parce qu’on sera mieux payé dans le privé ? Pour finir, elle choisira d’être libertine et de travailler dans le privé. Et peut-être est-ce après tout le mérite du film que d’aborder sans détours la futilité de son héroïne, et partant, on le suppose, celle d’une frange de sa génération. _P-J.M.