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Ida

En se lançant dans ce premier film entièrement réalisé en Pologne, Pawel Pawlikowski (My Summer of Love, La Femme du V ème) souhaitait retrouver les atmosphères et les villes de son enfance – et donc les années 1960, qu’il dit idéaliser. Ida (Oscar du Meilleur film étranger en 2015) est une œuvre qui s’en vient gratter au plus près de l’os. Réflexion magistrale sur l’inéluctable, l’identité, la famille, la foi, la culpabilité, le communisme et l’Histoire, ce travail sur les horreurs en lisière de la guerre est aussi foudroyant qu’éprouvant. Ici, les cadrages, très larges, dans lesquels les personnages semblent posés en périphérie, marquent plus avant leur difficulté à se replacer dans un espace et un destin. Dans un Noir & Blanc superbe, qui souligne tant l’éclat franc de la neige que l’obscurité inquiétante des forêts (ici tombeaux) on suit Ida, fragile et affûtée, sacrifiée quoique vivante, si obstinée à comprendre l’implacable mécanique aux origines de sa frêle vie. On suit aussi, avec une folle empathie, la si âpre et si tranchante Wanda, dont l’impitoyable orthodoxie communiste comme la sexualité désordonnée retiennent autant qu’elles l’expriment le glaçant du chagrin. Après ce véritable voyage initiatique qui plonge au cœur de son identité, c’est en connaissance de cause désormais qu’Ida, subtile incarnation du sacrifice des innocents, choisit de prendre le voile. En conscience, elle opte pour une religion, certes, consubstantielle de l’identité polonaise mais qui est aussi celle des bourreaux. Et, comme Wanda, qui choisit une mort plus franche, elle se retire du monde. Cette odyssée aussi maîtrisée que douloureuse, au cœur le plus noir de la lâcheté des uns comme de l’infinie souffrance des autres, est de celles qui vous habitent longtemps. _N.Z.