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Un Homme Très Recherché

Photographe et vidéoclippeur dont la réputation n’est plus à faire, le Néerlandais Anton Corbijn était passé à la réalisation avec un biopic consacré à Ian Curtis (Control), avant d’enchaîner avec un thriller adapté de Martin Booth (The American). Un homme très recherché, son troisième long métrage, représente un nouveau défi pour le cinéaste : il s’agit cette fois d’adapter le maître de la littérature d’espionnage, John le Carré, et de diriger Philip Seymour Hoffman. Par sa mise en scène froide et distante, Corbijn trouve immanquablement le ton parfait pour conter les faits et gestes d’espions sobres et invisibles, tenus d’œuvrer dans l’ombre d’un monde post 11-Septembre. De façon plutôt inattendue, le suspense ne repose pas sur la traque du jeune Issa, assez vite localisé et pris en filature, mais sur la question de savoir s’il est ou non un terroriste : marqué par un lourd passé, le réfugié est stigmatisé par les autorités du fait de sa religion et de son pays d’origine. L’enjeu pour Günther Bachmann, figure centrale du film – et symbole de l’espion méticuleux et professionnel -, est de démêler la vérité des mensonges, les faits des préjugés. L’opération qu’il construit progressivement autour d’Issa constitue le fil d’Un homme très recherché. Un fil rouge sans doute un peu trop ténu, qui prive le film de l’ampleur et de la profondeur de La Taupe, autre récente adaptation de J. le Carré. Le réalisateur parvient cependant à signer une œuvre séduisante et stimulante, en s’appuyant sur de talentueux acteurs (Rachel McAdams, étonnante, ou Grigory Dobrygin, véritable révélation). Mais c’est évidemment la prestation nerveuse du regretté Philip Seymour Hoffman qui, pour son dernier rôle principal, domine – voire hante – le film. _Mi.G.