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Homme Qu’on Aimait Trop

Comme lorsqu’il s’attaqua à La Fille du RER en 2009, André Téchiné s’inspire ici d’un fait divers de l’actualité récente, pour parler des rapports humains, de pouvoir, d’argent, de séduction. Présenté hors compétition au Festival de Cannes, L’Homme qu’on aimait trop est un objet bizarre, imparfait, conservant les noms et les faits mais semblant tendre totalement vers la fiction. Ne se faisant le relai d’aucune thèse sur cette affaire encore non élucidée, le film se termine après le premier procès et l’acquittement, tandis que des cartons successifs évoquent les deux derniers procès et le verdict de culpabilité, assorti de vingt ans de prison, pour Maurice Agnelet. La contribution au scénario de Jean-Charles Le Roux, frère d’Agnès et fils de Renée, est sans doute garante des faits consignés. Si l’on s’en tient au titre, c’est le portrait d’un homme, séducteur, que nous propose Téchiné. Mais Guillaume Canet est si en retrait qu’on a du mal à le voir comme le personnage principal. Et Catherine Deneuve a beau déployer sa belle énergie, quelque chose ne prend pas. Finalement, se concentrant sur Agnès Le Roux (dont on jurerait qu’elle est fille unique… !), le réalisateur fait le portrait d’une enfant prisonnière d’un corps d’adulte, une fille en bisbille avec sa mère toute sa vie et qui finit par la trahir, avant de tomber amoureuse comme une écolière découvrant la passion romantique. Cette lecture est certes très appuyée par le retour récurrent à une photo d’Agnès enfant, en ballerine, qui s’anime à la toute fin. Mais elle est aussi soutenue par quelques moments où l’on retrouve la veine fiévreuse et romanesque de Téchiné. Et surtout, dans l’interprétation d’Adèle Haenel, à la fois sombre et sauvage, il y a toute la détresse d’une enfant soit-disant gâtée et qui a, en fait, manqué de l’essentiel. _I.D.