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Homesman

Après son premier long métrage en tant que réalisateur, Trois enterrements (2005), l’acteur Tommy Lee Jones questionne à nouveau les codes du western. Ici, il est donc question de l’Amérique des origines et d’êtres sans foi ni loi qui arrachent, avec les dents (et une bible et un fusil !) un lopin de terre, une maison, un semblant de vie civilisée… En adaptant, avec Kieran Fitzgerald et Wesley Oliver, le roman de Glendon Swarthout – dont The Shootist avait donné le film de Don Siegel avec John Wayne, Le Dernier des géants -, il évoque des thèmes rarement montrés à l’écran. Notamment l’importance des femmes, leur courage à affronter la rudesse du quotidien, l’aridité de la terre, la maladie et la famine, la mort des enfants. Certaines en sont devenues folles, d’autres, “too bossy” (trop dirigistes, trop “mecs”) pour trouver un mari. En creux se lit ici la façon dont les femmes, parties intégrantes de la conquête de l’Ouest, au-delà de l’imagerie des filles de saloon et des grenouilles de bénitier, ont été (re)mises à leur place : au foyer, entre les enfants et les fourneaux. Tablant sur sa propre interprétation de George Briggs (roublard et facétieux) et sur la poigne de Hilary Swank, bouleversante dans le rôle de Mary Bee, Tommy Lee Jones, après une séquence d’ouverture sur fond de coucher de soleil, évite les fioritures. Il multiplie les étapes notoires (bagarres, Indiens, rencontres…) d’un long voyage dont on aimerait parfois, grâce à la mise en scène, sentir un peu plus la lenteur, le vide, le rien. Mais il réussit le pari d’intéresser de bout en bout le spectateur. Et de faire du neuf avec de vieux poncifs, revisités par un regard singulièrement moderne. _I.D.