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Hippocrate

Thomas Lilti (Les Yeux bandés) sait de quoi il parle, pour être par ailleurs médecin : ce que traverse son héros, il l’a plus ou moins vécu (même s’il n’a jamais travaillé dans le service de son propre père). Mais au-delà de son récit d’apprentissage, émaillé d’anecdotes justes, l’intérêt d’Hippocrate réside dans l’hommage rendu, à travers la figure d’Abdel (interprété par le toujours impeccable Reda Kateb), aux FFI, Faisant Fonction d’Interne, ces étudiants étrangers, souvent plus vieux que les internes qu’ils côtoient, parfois diplômés dans leur pays, mais que leur statut d’immigrés empêche de bénéficier des mêmes traitement et statut. Démarré comme un “buddy movie” – malgré l’antagonisme initial entre Abdel et Benjamin, on sent bien que ce sera le début d’une grande amitié -, le film bifurque mine de rien vers un état des lieux de la médecine en général et de l’hôpital public en particulier. Si l’on veut chipoter, on peut arguer que l’histoire se situe davantage du côté des soignants que de celui des soignés, et que, parmi ces derniers, seuls deux cas semblent exister. En revanche, côté personnel hospitalier, il y a l’embarras du choix : du côté des “gradés”, le professeur Barois est prêt à couvrir son fils après une tragique erreur de diagnostic, sans vergogne aucune, tandis que le docteur Denormandy (Marianne Denicourt, délicate et nuancée dans un personnage difficile), d’abord fidèle au protocole, se révèle ouverte aux doutes, à l’humanité en somme. Et puis, il y a les infirmières et infirmiers, les autres internes, les petits, les obscurs, les sans-grades, qui luttent, se gaussent devant Dr. House, et tentent de vivre et de ne pas laisser mourir. _I.D.