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Hipotesis

A priori, le seul nom de Ricardo Darín (Carancho, Dans ses yeux) donne envie d’y aller les yeux fermés, à plus forte raison s’il s’agit de le suivre sur une trajectoire jalonnée de verres de whisky, dont La Part des anges lui-même, pourtant sévèrement boosté à l’eau de tourbe, n’offrait pas une telle variété. L’esprit si bien embrumé donc, on pourrait se sentir enclin à considérer d’un œil bienveillant cette histoire de serial killer, malgré des ressorts dramatiques que les succès de Seven ou Usual Suspects ont rendu obsolètes. Mais, face à un film si paresseux, l’alcool aidant justement, nous gagne surtout l’envie… de piquer un somme. Là où son personnage principal cherche à mettre en lumière chaque détail de l’enquête, faire œuvre de précision, Hernán Goldfrid, lui, s’en tient, pour ce qui est de la mise en scène, au commerce de gros. Entre deux flash-backs éculés, aucun cliché n’est épargné au spectateur, le tout baignant dans le flou artistique et l’absence de logique – voir notamment l’incohérence des travellings -, pour ne composer en fin de compte qu’une esthétique fumeuse. À bien des égards, Hipotesis rappelle les films avec Christophe Lambert qu’adolescent on louait au vidéoclub. Par conséquence, on tiendra un peu rigueur à Ricardo Darin de mettre son art au service d’un cinéaste à ce point prétentieux, et aussi privé d’idées qu’un manchot empereur de doigts. Livrées à elles-mêmes – plus encore que leurs homologues masculins -, les actrices font ce qu’elles peuvent, l’auteur cherchant pour l’essentiel à leur soutirer pleurs et hurlements, au risque d’une vision caricaturale des femmes, cantonnées dans le registre victimaire. _G.M.