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Heritage Fight

Dans la petite ville de Broome, située dans la région sauvage de Kimberley, en Australie, une poignée d’habitants lutte contre le projet d’implantation d’une des plus grandes usines à gaz de l’entreprise Woodside, compagnie pétrolière australienne connue pour son importante production de gaz naturel. Le projet étant soutenu par le gouvernement, c’est seule contre tous que la communauté aborigène Goolarabooloo va se dresser. Eugénie Dumont, jeune Française, décide de partir, la caméra à la main, filmer ces quelques hommes et femmes portés par un combat semblant parfois sans issue. Le documentaire se propose alors de présenter à la fois la région – avec des vues dignes des plus belles cartes postales – et ses habitants, qu’il s’agisse des descendants d’aborigènes de la ville ou des quelques membres de la communauté blanche, qui ne s’inquiètent pas moins de l’avenir des terres et des enjeux écologiques que suppose l’implantation d’une telle usine. C’est donc de manière assez répétitive que nous assistons à leurs différentes initiatives (toutes pacifiques) pour lutter contre l’entreprise, leur principal moyen d’action consistant à bloquer la route aux ouvriers, ainsi qu’à toute autre personne voulant se rendre sur le site voué à accueillir l’usine. Cet aspect répétitif est efficace, dans le sens où il nous communique le sentiment d’usure dans lequel se trouvent les opposants au projet : l’histoire est semble-t-il sans fin… Mais il fait aussi, paradoxalement, la faiblesse d’Heritage Fight, pour plonger à son tour le spectateur dans une certaine lassitude : le documentaire, s’il offre de nombreuses informations, ne propose en revanche, et d’aucune façon, un projet artistique. Le film se révèle surtout bien trop long : les témoignages des différents protagonistes (nous répétant à chaque fois le sens qu’ils donnent aux mots culture, patrimoine, nature…), les scènes de manifestation (même si, comme il est dit plus haut, ce sont sûrement les passages les plus intéressants, en ce qu’ils donnent à voir les rapports de force à l’œuvre), les séquences insistant, assez lourdement, sur le rapport que l’homme entretient avec son environnement : tout cela finit par ennuyer. Si cette dernière dimension est certes indispensable à la compréhension du combat mené par les habitants de Broome, il nous est cependant présenté de façon beaucoup trop insistante, voire caricaturale, pour nous permettre d’entrer en communion avec leur vision de la vie. Alors que l’objectif du documentaire semble consister à faire vivre au spectateur une immersion complète dans un monde aux valeurs et priorités éloignées des siennes, Heritage Fight ne fait que présenter la situation à la façon d’un reportage, privilégiant les témoignages et proposant davantage un compte-rendu qu’une réelle mise en scène cinématographique, laquelle, alors, aurait pu se mettre au service des émotions des aborigènes, luttant avec acharnement pour leur culture et leur patrimoine, et finissant de surcroît par obtenir gain de cause. Sans dévaluer en rien le mérite d’un tel projet, il convient de dire que Heritage Fight aurait été plus adapté au cadre d’un format court pour la télévision. _D.C.