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Her

En trois films, Spike Jonze s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus singuliers du cinéma américain. Her est une fois de plus un projet atypique, puisque son sujet est l’histoire d’amour entre un homme et son système d’exploitation, entité virtuelle dotée d’une intelligence artificielle. Faire exister cette relation à l’écran représentait un véritable défi, que Jonze relève haut la main. Rapidement, le personnage de Samantha acquiert une indiscutable présence. Grâce à l’interprétation (vocale) de Scarlett Johansson, qui donne à son personnage caractère et sensibilité. Mais aussi grâce à celle de Joaquin Phoenix, car c’est à travers ce qu’exprime son visage, quand il l’écoute et lui parle, que Samantha prend vie. Film intimiste et résolument mélancolique Her n’aborde jamais sur un mode satirique la dimension sociale de ses projections futuristes. Le Los Angeles qu’il invente (avec un travail très rigoureux sur les décors et l’environnement graphique) est déshumanisé comme une interface de jeu vidéo, mais jamais hostile ou ridicule. De même, la relation entre Theodore et Samantha est traitée de façon résolument premier degré, avec sincérité et émotion, sans aucune insistance sur ce qu’elle peut également avoir de pathétique. Si le film produit une critique (finalement assez acide) de nos sociétés hyper technologiques, c’est donc avec pour seule arme le sentiment d’intense tristesse qu’il véhicule. Et, à son premier niveau, Her peut ne se voir que comme une histoire d’amour, universelle (ce n’est pas l’immatérialité de Samantha qui fait obstacle à sa relation avec Theodore, mais la jalousie, l’incompréhension, l’évolution de chacun) et poignante. _An.B.